lundi 10 octobre 2011

[re-parution] Marx, Manuscrits de 1857 -1858

Les Manuscrits de 1857-1858, couramment appelés Grundrisse, sont un moment essentiel dans le long travail de préparation du Capital de Karl Marx. Dès les années 1960, le débat s'anima entre les tenants de Grundrisse encore englués dans les catégories hégéliennes et ceux pour qui ces manuscrits marquaient la première analyse du mouvement du mode de production capitaliste dans les termes de la propre dialectique de Marx.
Depuis, ces textes n'ont cessé d'inciter recherches et disputes, jusqu'à constituer pour certains le sommet du marxisme, le moment de l'union de la théorie et de la pratique... L'introduction de Jean-Pierre Lefebvre, dont la traduction ici reproduite fut publiée en 1980 par les Éditions sociales, nous prévient du "caractère inclassable, du statut mixte, pluriel, ou, comme dirait Marx, multilatéral" des manuscrits écrits en 1857 et 1858. Ce foisonnement de la pensée explique, sans nul doute, l'intérêt que continue de susciter cet ouvrage.

Karl Marx, Manuscrits de 1857-1858 (Grundrisse). Paris : La Dispute-Ed. Sociales, 2011.- 929 p.

dimanche 2 janvier 2011

Parution : K. Marx, Chapitre 6 (« inédit ») du livre 1 Capital

Le chapitre VI du livre I du Capital est la seule partie conservée de l’ultime manuscrit préparatoire à la rédaction de l’œuvre maîtresse de Karl Marx.. Bien que ce texte n’ait pas été retenu dans la version parue en 1867 et qu’il soit encore sous divers rapports un brouillon, la richesse de la vue critique d’ensemble qu’il donne du mode de production capitaliste justifie les publications et traductions en nombreuses langues qui en ont été faites depuis sa première publication en 1933.

Pour plus d'informations…

mercredi 21 avril 2010

Karl Marx / Pierre-Joseph Proudhon : une rivalité socialiste revue à travers sa construction

Le centre Georges Chevrier - UMR CNRS 5605 annonce la tenue de la journée d'étude
Karl Marx / Pierre-Joseph Proudhon :
une rivalité socialiste revue à travers sa construction 
Elle se déroulera le 5 mai 2010, à partir de 9 h.,
en salle 319-G. Chevrier, 3e étage du bâtiment droit - 4, bd Gabriel, 21000 Dijon.
[Organisateurs : Jean-Claude Gens, Serge Wolikow, Edward Castelton,
Jean-Numa Ducange avec le  soutien de la Fondation Gabriel Péri
]
9 h. - 12 h. – Marx, Proudhon et leurs contemporains
Discutants : Hervé Touboul, Edward Castleton

• Andrea Bellantone (Université de Messine) - L’idéalisme et la  France. Moments d’une réception
• Manuela Köppe (archives Hegel, Bochum) - Marx, Karl Grün et Proudhon
• Amaury Catel (titulaire d'un master, EHESS) - Hermann Ewerbeck,  traducteur méconnu de Marx

14 h. - 17 h. – La réception et la postérité d'un conflit
Discutants : Serge Wolikow, Jean-Numa Ducange

• Edward Castleton (post-doctorant, Université de Besançon) -  L'influence de l'humanisme feuerbachien sur Proudhon
• Julien Grimaud (doctorant, Université de Paris 1) - Les  proudhoniens de la Première Internationale et la grève
• Frederic Krier (docteur en histoire, Luxemburg) - La réception du  conflit Marx - Proudhon en Allemagne


samedi 10 avril 2010

« Editer Marx et Engels en France : mission impossisble ? A propos de Miguel Abensour et Louis Janover, Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx, et de diverses rééditions de Karl Marx, Le Capital »

Comment comprendre qu’il n’y ait pas à ce jour d’édition des œuvres complètes de Marx en France, que ses œuvres majeures, quand elles sont disponibles, circulent bien souvent dans des éditions pour le moins discutables ? Dans un pays où, il y a quelques décennies, le monde intellectuel et politique était en grande partie structuré par la référence à Marx, et où la rumeur court aujourd’hui d’un « retour du communisme », la chose est singulière. Mais c’est précisément l’importance des enjeux politiques de l’édition de Marx qui explique l’histoire mouvementée de l’édition de ses œuvres, que retrace ici Jean Ducange.


Avant la première guerre mondiale, les congrès de la SFIO, ancêtre du parti socialiste, se faisaient l’écho de projets d’éditions d’« œuvres intégrales » de Karl Marx, notamment par la voix de son petit-fils, le socialiste Jean Longuet. En dépit d’annonces et d’efforts manifestement entrepris, pas un seul tome ne parut. Près d’un demi-siècle plus tard, quelques ouvrages de Marx et Engels publiés aux Éditions Sociales, liées au Parti communiste français, affichaient en couverture la mention « Œuvres complètes ». À la fin de l’année 2009, un rapide regard sur les ouvrages disponibles permet de constater que les diverses tentatives d’édition systématique de Marx, scientifiques ou non, n’ont jamais été menées à leur terme. Paradoxe étonnant dans un des pays d’Europe occidentale où le marxisme a, si ce n’est dominé, du moins largement contribué à façonner le paysage intellectuel pendant des décennies et à stimuler des études innombrables sur les textes des fondateurs du matérialisme historique, jusqu’à ses adversaires les plus résolus comme Raymond Aron. Le contraste est frappant à cet égard, en premier lieu en comparaison d’autres « grands » penseurs (Freud, Nietzsche…), mais aussi et surtout [...]

samedi 3 avril 2010

L’idée du communisme / On The Idea of Communism

Textes traduits de l’anglais par Christine Vivier et par Noémie Segol
L’Idée du communisme réunit les textes prononcés au colloque « On The Idea of Communism », organisé à l’initiative d’Alain Badiou et de Slavoj Zizek à Londres, en mars 2009. Avec les interventions des philosophes : Alain Badiou, Judith Balso, Bruno Bosteels, Susan Buck-Morss, Terry Eagleton, Peter Hallward, Michael Hardt, Minqi Li, Jean-Luc Nancy, Toni Negri, Jacques Rancière, Alessandro Russo, Alberto Toscano, Gianni Vattimo, Wang Hui, Slavoj Zizek.
Les années 1990 resteront comme celles de la triple défaite de la gauche  : régression des politiques social-démocrates dans les États providence du monde développé  ; disparition des États socialistes de type soviétique et intégration de leurs économies dans le monde industrialisé  ; régression des mouvements d’émancipation dans le Tiers-monde. Avec elles, une certaine époque a pris fin, époque qui avait débuté au moment de la Révolution d’octobre 1917 et qui se caractérisait par la forme d’organisation politique du «  parti-État  ». Cela signifie-t-il que le temps des politiques d’émancipation radicale serait achevé  ?
Ces dernières années, de nombreux signes indiquent au contraire le besoin d’un nouveau commencement. L’utopie des années 1990, la «  fin de l’histoire  » que croyait pouvoir diagnostiquer Fukuyama (le capitalisme libéral-démocratique conçu ordre social «  naturel  » enfin réalisé), cette «  fin de l’histoire  » est morte deux fois lors de la première décennie du XXIe siècle. Tandis que les attaques du 11 septembre 2001 signalaient la mort de cette théorie sur le plan politique, la crise financière de 2008 signale à présent sa mort économique. Dans ces conditions nouvelles, l’enjeu n’est pas seulement de travailler à l’émergence de stratégies nouvelles, mais de repenser radicalement les fondamentaux des politiques émancipatrices. L’organisation et le succès remarquable du colloque intitulé « Idea of Communism », réuni à Londres en mars 2009 en présence des principaux spécialistes mondiaux de la pensée marxiste, témoigne à sa manière de la persistance et du renouveau des projets d’émancipation.
Ses participants affirment qu’il faut aller loin au-delà du simple rejet de la gauche du parti-État dans sa forme «  staliniste  » – rejet qui relève aujourd’hui de l’évidence –, pour étendre ce rejet à l’ensemble du champ de la «  gauche démocratique  », quand elle se conçoit comme simple stratégie pour réformer le système en croyant pouvoir faire l’économie d’une réforme radicale de la structure même de la démocratie représentative. Beaucoup plus que la débâcle du socialisme réel, la défaite des années 1990 était la défaite définitive de cette «  gauche démocratique  »-là. Cela soulève la question suivante, que les participants au colloque ont abordée en particulier  : le mot «  communisme  » est-il celui qui convient pour désigner l’horizon des projets d’émancipation radicale  ? Au-delà des nuances de leurs positions théoriques respectives, les participants au colloque de Londres partagent l’idée qu’il est utile de demeurer fidèle à ce nom  : ce dernier possède en effet la faculté de servir comme Idée pouvant guider leurs recherches, aussi bien que comme instrument permettant de dénoncer les catastrophes des politiques du XXe  siècle, y compris celles de la gauche, fussent-elles perpétrées en son nom.
Le colloque cependant n’avait pas pour objet de discuter de questions praxico-politiques, ce qui aurait consisté à analyser les problèmes politiques et économiques et militaires actuels. Il n’avait pas non plus pour vocation de s’interroger sur la manière d’organiser un nouveau mouvement politique. C’est à un questionnement plus radical qu’il s’est attaché  : le «  communisme  » ici en question est concept philosophique. Depuis Platon, affirment Alain Badiou et Slavoj Zizek, tous deux à l’origine de la rencontre de Londres, le Communisme est la seule Idée politique digne du philosophe.

jeudi 11 février 2010

Où en est la publication scientifique des textes de Marx et d’Engels ? Quel rôle peut y tenir l’électronique ?

Une soirée d’information et de discussion  le vendredi 12 février à 18 h 00, à la Fondation Gabriel Péri, 11, rue Étienne Marcel, Pantin (93) (plan d’accès)

Avec Regina Roth, historienne, chercheur à l’Académie des sciences de Berlin Brandebourg, coresponsable de la deuxième section de la Mega, coordinatrice de la Mega numérique.
et les animateurs de la Geme et des éditions sociales, Isabelle Garo, Jean-Numa Ducange, Richard Lagache et Lucien Sève.

Entrée libre. Le nombre de place étant limité, merci de bien vouloir vous inscrire par courrier électronique à l’adresse : inscription@gabrielperi.fr



Dernières nouvelles du projet :

La Mega, l’édition complète dans la langue de publication ou d’écriture des œuvres de Karl Marx et de Friedrich Engels, termine l’édition de la deuxième section qui regroupe les versions publiés du Capital et l’ensemble des brouillons.

Un outil électronique a été mis en ligne par le laboratoire Telota de l’Académie des sciences de Berlin Brandebourg qui permet de comparer trois versions des mêmes textes de Karl Marx : 

—> http://telota.bbaw.de/exist/servlet/db/mega/scripts/root.xql
 

Les éditions sociales vont publier en septembre le deuxième volume de la Geme, le Chapitre VI du Capital (dit « inédit ») dans une nouvelle traduction de Gérard Cornillet, Laurent Prost et Lucien Sève.
   

Voir aussi




mercredi 23 décembre 2009

« Engels : le gentleman révolutionnaire » par Tristram Hunt

[Présentation de l'éditeur] À la fois complice intellectuel et mécène de Karl Marx, Friedrich Engels (1820-1895), héritier d'une famille prussienne calviniste, endura une carrière dans le « maudit commerce » du coton afin d'assurer à son ami les ressources et la liberté nécessaires pour écrire Le Capital. Membre de la Bourse royale de Manchester, Engels menait la grande vie, buvait sec et s'adonnait à tous les plaisirs de l'existence : le château-margaux, la chasse au renard et la compagnie des femmes. Docteur Jekyll le jour, il était Mister Hyde la nuit, socialiste révolutionnaire en ménage avec Mary Burns, ouvrière irlandaise qui l'introduisit dans les milieux populaires. Cet écheveau de contradictions imprègne les œuvres majeures de Marx, auxquelles Engels insuffla son expérience des rouages du capitalisme mondial, de la vie en usine et de l'insurrection armée. Puis, retiré du monde des affaires, il devint à la mort de son ami le gardien de l'orthodoxie marxiste, se consacra à ses propres écrits et au mouvement socialiste international en gestation. D'un bout à l'autre, la vie d'Engels épousa l'histoire révolutionnaire du XIXe siècle en Europe, des tavernes du Berlin hégélien à la grisaille de l'Angleterre victorienne, des barricades de 1848 en Prusse à la Commune de Paris, des taudis de Manchester au Londres doré des rentiers, en passant par la naissance de la social-démocratie allemande. Dans cette remarquable biographie, qui replace ce « second violon » hors de l'ombre tutélaire de Marx le virtuose, Tristram Hunt brosse en véritable conteur le portrait d'un héros balzacien qui parvint, envers et contre tout, à « faire sa propre histoire ».

Tristram Hunt né en 1974, historien spécialiste de l'époque victorienne, enseigne à Queen Mary, université de Londres.

On lira avec intérêt une note critique de cet ouvrage proposée par Thierry Labica dans l’Humanité du 3 décembre 2009